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traduction française de textes anglais; éditoriaux; revue de presse


Les mots et les choses

Publié par Rebecca Solnit, traduction Hervé Le Gall sur 29 Juin 2013, 09:36am

Catégories : #mondediplo, #walmart, #climat, #koch brothers, #impôts, #occupy, #diplo, #LMD exclusive

November 2012

http://mondediplo.com/2012/11/08us

POUR EN FINIR AVEC LE DISCOURS POLITICIEN, ET LE DOUBLE LANGAGE

Les mots et les choses

Le moment est venu, d’une part, d’admettre que la plupart de nos problèmes ont pour origine la cupidité insatiable d’une infime minorité d’individus. D’autre part, de le dire, avec clarté, insistance. C’est la seule manière d’amorcer le changement qui nous ramènera au monde réel.

REBECCA SOLNIT

Dans la Chine Antique, l’avènement d’une nouvelle dynastie s’accompagnait de la « rectification des noms », une cérémonie qui marquait la fin de l’érosion du sens, dont la dynastie précédente était responsable, en même temps que la corrélation renouvelée entre le langage, et les choses qu’il désigne. Cela ressemblait à une annulation de dettes illégitimes, mais en matière de sens.

C’est la raison pour laquelle la première campagne de Barack Obama galvanisa les foules : il avait l’air d’un homme capable d’appeler bon nombre de choses par leurs noms véritables. Une fois élu, il s’abîma, au fond du langage étouffé, éventé, que parlent la plupart les politiciens dans leur univers parallèle ; il n’en est jamais remonté. L’extrême droite est parvenue au niveau qui est le sien, grâce à son marquage erroné, au sens linguistique, d’à peu près tout ce qui peut l’être, en même temps qu’elle développe une version fantasque de l’économie, dont le rapport avec le réel est de plus en plus ténu. (Peut-être devrait-on procéder également, à une rectification des chiffres).

Rectifions nous-mêmes quelques noms. Souvent, nous parlons comme si la source de nos problèmes était complexe, mystérieuse même. Je ne suis pas sûre que ce soit le cas. La cupidité peut porter le chapeau, pour tout ce qui suit : le refus de faire quoi que ce soit pour enrayer le changement climatique, les tentatives des 0,01% de mettre à bas la démocratie, le pillage incessant des plus pauvres, la guerre menée contre quasiment tout ce qui est beau sur cette Terre.

Appeler les mensonges « mensonges », le vol « vol », la violence « violence », constitue un aspect essentiel de l’activisme politique. La plus grande partie du travail à réaliser, en matière de droits de l’homme, commence par la reformulation précise, agressive, du statu quo en scandale. Ce sont les circonlocutions, les euphémismes, qui protègent les scandales. Changez la langue, et vous commencez à changer la réalité, tout au moins à remettre le statu quo en question. Voici ce que dit Confucius, de la rectification des noms : « Si la langue est inexacte, alors on ne dit pas ce que l’on veut dire ; si ce que l’on dit n’est pas ce que l’on veut dire, alors ce qui doit être fait demeure inaccompli ; si ceci demeure inaccompli, la morale, l’art se détériorent ; si la justice s’écarte du droit chemin, les individus restent sur place, envahis par un trouble qui les empêche d’agir ».

Commençons donc par donner leurs noms véritables aux manifestations de la cupidité. Par cupidité, j’entends la tentative, de la part de ceux qui possèdent en quantité suffisante, de posséder encore plus. Prenons les Walton, de Wal-Mart : les quatre héritiers principaux, qui détiennent environ 24 milliards de dollars chacun, figurent parmi la douzaine d’individus les plus riches sur cette planète. Leur fortune équivaut à celle des 40% les plus pauvres des américains. La société que fonda Sam Walton emploie aujourd’hui 2,2 millions de travailleurs, dont une écrasante majorité sont sous-payés, et qui doivent donc compter sur le versement d’allocations pour survivre. On pourrait appeler cela l’aide sociale de la Famille Walton – une subvention des contribuables à leur système. Des grèves ont éclaté cette année chez Wal-Mart, en guise de protestation contre des conditions de travail barbares : des entrepôts où règne une température voisine de 49 degrés, une femme enceinte de huit mois que l’on oblige à travailler à une cadence infernale, l’exposition aux polluants, enfin l’intimidation de ceux qui tentent de militer, ou simplement de se syndiquer.

La famille Walton est assise aux commandes d’une machine vouée à brutaliser des dizaines de millions d’individus – aussi bien les fournisseurs des magasins, que leurs employés - dans le seul but d’augmenter une fortune dont l’immensité est déjà obscène. Bien sûr, ce que nous appelons des sociétés sont en fait des machines qu’un mouvement perpétuel anime, et dont la création répond au besoin d’extraire de la richesse (tout en rejetant derrière elles des montagnes de pauvreté). En général, leur type d’organisation prévoit, soit que des sous-traitants éloignés commettent les brutalités dont l’extraction de richesse constitue l’aboutissement, soit que des euphémismes servent à décrire ces brutalités, de sorte que les actionnaires, les membres du conseil d’administration, ou encore les cadres supérieurs, n’aient jamais vraiment besoin de savoir ce qui se fait en leurs noms. Pourtant, leur travail consiste précisément à savoir – de même que le travail des écrivains, des historiens, et des journalistes consiste à rectifier les noms de toutes ces choses.

Le passage le plus terrifiant du livre palpitant de Daniel Ellsberg, Secrets : Une Étude sur le Vietnam et les Papiers du Pentagone, rapporte une conversation qui se déroula en 1969 en Californie, dans une maison huppée, au cours d’un dîner avec un camarade de travail, juste après que Ellsberg, et cinq collègues à lui, eurent adressé au New York Times une lettre en forme de plaidoyer pour un retrait immédiat de la guerre au Vietnam. Son hôte se justifia ainsi auprès d’Ellsberg : « Si j’étais prêt à sacrifier tout ceci … si j’étais prêt à renoncer à … la promesse que je me suis faite, d’envoyer mon fils à Groton … j’aurais signé la lettre ».

Il avait eu le choix, entre essayer d’empêcher des morts violentes, par centaines de milliers, ou faire entrer son fils dans un établissement privé du secondaire des plus réputés, et avait opté pour l’école. Au moins avait-il récolté le fruit de son travail, et pouvait-il imaginer la souffrance des démunis. Ce n’est pas le cas des ultra-riches, ceux qui façonnent l’avenir de notre planète.

Ils pourraient se permettre d’envoyer à Groton des enfants par dizaines de milliers, sans pour autant exploiter les pauvres, ou détruire l’environnement, mais leur insatiabilité n’a d’égale que leur cruauté. On les louange souvent, car ils provoquent des effets secondaires, en matière d’esthétisme: leurs manoirs imposants, les projets culturels qu’ils parrainent, leurs yachts, leurs bijoux. Mais dans bien des cas, peut-être pour la majorité d’entre eux, leur richesse s’explique par une histoire, passée comme présente, bien moins reluisante. Rectifier les noms obligerait à révéler la laideur des sources de leurs fortunes, tout comme le niveau grotesque que leur accumulation s’efforce d’atteindre. Cela reviendrait à nommer la destruction, corollaire de la plus grande partie de cette création de richesse.

C’est dans le domaine du changement climatique, que ceci importe le plus. Pourquoi, au cours des vingt dernières années, n’avons nous quasiment rien fait pour prévenir ce qui s’est transformé, aujourd’hui, en catastrophe ? Pour ne pas diminuer les rendements trimestriels, ainsi que la valeur des portefeuilles d’actions en énergies fossiles. Lorsque la postérité fera le procès de notre ère, telle sera la faiblesse de la défense, face à l’accusation d’avoir fait si peu – elle se contentera de dire que les riches, les puissants, liés aux industries émettrices de carbone, firent tout ce qui était en leur pouvoir pour empêcher de résoudre le problème, voire même de le reconnaître. Aux Etats-Unis, ils ont dépensé des fortunes pour semer le doute dans les esprits, rendre suspecte la science du changement climatique, et punir les politiciens qui abordaient le sujet. C’est ainsi que nous venons de traverser un cycle électoral complet, en dehors de toute mention d’un problème de changement climatique devenu, de fait, inabordable.

Un temps précieux a été gaspillé, au cours de ces dernières décennies, à nier la nécessité d’agir : aujourd’hui, la toundra dégèle, le bouclier de glace du Groenland fond, quasiment tous les systèmes naturels sont perturbés, depuis les océans qui s’acidifient, jusqu’aux saisons devenues erratiques, non seulement celles des sécheresses, des inondations, des vagues de chaleur, des feux de forêts, mais aussi celles des récoltes, trop souvent perdues. Il est encore temps de réagir, mais le climat a changé : les dégâts dont nous parlions tous, il y a seulement quelques années, lorsque nous évoquions l’avenir, se constatent ici et maintenant.

Les plus hauts cadres administratifs des sociétés pétrolières – par exemple, John Watson, de Chevron, qui a touché 25 millions de dollars en 2011 (dont un salaire de 1,57 million, le reste au titre de « compensations ») – tout comme leurs actionnaires principaux, ne peuvent désirer quoi que ce soit. Leurs gains sont si élevés qu’ils pourraient, à tout moment, quitter la table de jeu. Quand on en vient au sujet du changement climatique, quelques-uns des individus les plus riches au monde ont bien mis dans un plateau de la balance le destin de la Terre, de toutes les créatures vivantes qui la peupleront, pour un nombre incalculable de générations, de toute la surface de cette planète exquise, sur laquelle nous avons évolué, mais la balance continue malgré tout à pencher du côté de l’augmentation de leur profit personnel, le profit d’individus qui ont assouvi leurs besoins, comme jamais personne en ce monde avant eux.

Prenez Charles et David Koch, ces milliardaires, magnats de l’industrie énergétique, qui encombrent le paysage politique américain. Ils ont dépensé des dizaines de millions de dollars pour faire perdre Barack Obama, en partie parce qu’il heurtait leur sensibilité conservatrice, mais également parce la probabilité qu’il devienne un serviteur dévoué de leur marge bénéficiaire, était moins élevée. Mis sous pression, il était même susceptible d’écouter la vox populi, ou les organisations environnementales, tandis que Romney ne posait pas ce genre de problème.

Il y a deux ans, les frères Koch dépensèrent 1 million de dollars pour soutenir la Proposition 23 de l’état de Californie, que des compagnies pétrolières extérieures à l’état avait soumise au vote, dans le but de faire annuler la Loi de 2006 sur les Solutions au Réchauffement Climatique. Ils furent battus à plates coutures, mais les frères Koch ont investi par ailleurs une petite fortune dans une campagne de dénégation du changement climatique, et dans le financement du Tea Party (sur lequel ils peuvent compter pour s’opposer à toute régulation en la matière). Cette année, ils soutiennent une initiative, venue de Californie, destinée à faire taire les syndicats. Ils veulent abolir les contraintes au pouvoir des entreprises, comme à l’exploitation des énergies fossiles. Réfléchissez à cette attitude, comme s’il s’agissait d’une guerre d’un genre nouveau.

Ainsi que le rappelait cet été l’Irish Times: « Au cours de ces trois dernières années, ce sont 10 millions de personnes du Pakistan que les inondations ont contraintes à s’exiler, 13 millions qui ont souffert de la faim en Afrique de l’Est, plus de 10 millions dans la région du Sahel qui ont connu la famine … Selon le Forum Humanitaire Mondial, dont le président n’est autre que l’ancien secrétaire général des Nations-Unies, Kofi Annan, le changement climatique est responsable de 300000 morts par an, et chaque année il affecte 300 millions d’individus. On s’attend à ce que, en 2030, le bilan annuel des victimes du changement climatique s’élève à 500000, tandis que son coût atteindra le chiffre vertigineux de 600 milliards de dollars ».

Au cours de l’année qui vient, il est probable que l’on assiste à une augmentation spectaculaire du nombre de personnes touchées par la faim, en raison de la flambée des prix alimentaires, qui elle-même résulte de la perte de récoltes, comme celles de l’été dernier, dans le Middle West, aux Etats-Unis, que la canicule a desséchées sur place.

Il nous faut parler du changement climatique comme d’une guerre déclarée à la nature, aux pauvres (ceux d’Afrique en particulier), à nous tous, en fin de compte. Rectifiez le nom, appelez cette guerre une guerre. Par la même occasion, n’utilisez plus le terme « pro-vie » pour parler de ceux qui s’efforcent de sauver les innombrables créatures victimes de l’effondrement de tous les systèmes complexes dont les vies, qu’elles soient humaines, végétales, ou animales, dépendent. Faites entendre le nom du camp opposé : les « pro-mort ».

La complexité de l’ensemble que constituent les effets du changement climatique, les parties du globe qu’ils affectent, leur magnitude, ou encore les sciences chargées de les étudier, en fait un sujet de conversation d’une difficulté sans égale, mais c’est précisément pour cette raison que nous devrions en parler. Devrions-nous en faire plus ? La réponse est oui, mais quel est cet obstacle, de taille, qui se dresse chaque fois sur la route de celles et ceux qui ont déjà essayé de remuer ciel et terre ? Les compagnies pétrolières, les charbonnages, autant dire l’industrie énergétique, avec son poids financier ahurissant, ses essaims de lobbyistes, enfin l’emprise qu’elle exerce sur les politiciens. Mon étude des désastres m’a enseigné une leçon : ceux qui profitent le plus d’un maintien du statu quo, sont toujours les derniers à vouloir le changement.

Je suis née en Californie, j’ai donc été confrontée, dès mon jeune âge, à la version actuelle de la cupidité américaine. La Proposition 13, cette initiative qui gelait les taxes foncières, tout en rendant impossible l’augmentation des impôts dans notre état, entra en vigueur en 1978, soit deux années avant que l’ancien gouverneur de Californie, Ronald Reagan, ne remporte la victoire aux élections présidentielles, en partie pour avoir fourni à la cupidité tout ce qu’elle réclamait. Prop 13, ainsi qu’elle en vint à être connue, prit effet à une époque où la Californie était encore un état riche, doté du meilleur système éducatif au monde, de quelques-unes de meilleures universités du pays, quasiment gratuites pour les résidents californiens, et ce jusqu’au troisième cycle universitaire. Les réductions d’impôts ont saccagé l’état, son système éducatif, et font la même chose, aujourd’hui, à l’échelle du pays. La sphère publique est à la société ce que la biosphère est à la vie sur Terre : l’espace dans lequel nous vivons ensemble, c’est pourquoi les attaques qu’elles subissent présentent des similitudes.

Que sont les impôts ? Il s’agit de cette portion de vos revenus que vous consacrez au bien commun. La plupart d’entre nous ne se satisfont pas de l’usage qui en est fait – même si bien peu, en dehors de la gauche, évoquent le fait que plus de la moitié des dotations budgétaires fédérales servent à rassasier l’appétit gargantuesque de notre armée, soit plus d’argent que les budgets réunis des 14 armées classées après la nôtre (par ordre décroissant des budgets de la Défense). Depuis Reagan, la droite n’a cessé de se plaindre de dépenses imaginaires – depuis les « reines des allocs » de Reagan, jusqu’aux attaques de Romney contre Big Bird[1] et PBS[2] (qui consomme 0,001% des dépenses fédérales).

Pour fonder sa religion de la cupidité, la droite a inventé une série de mythes sur l’utilisation de ces impôts, sur leur paiement comme forme ultime de l’oppression, mais aussi sur les bienfaits, pour nous tous, de leur réduction. Puis, ils accordèrent les plus massives de ces réductions à ceux qui avaient déjà de l’argent à ne savoir qu’en faire, ceux qui ne réinjecteraient jamais dans l’économie les sommes qu’ils récupéraient. Ils faisaient en fait passer un message, qui exprimait d’une part leur volonté de s’accrocher au moindre cent, sans tenir aucun compte des dégâts que subissait la sphère publique, d’autre part leur allégeance aux ultra-riches, ad vitam aeternam, pas aux nigauds qui votent pour eux.

En dépit de décennies passées à réduire les coûts à leur strict minimum, ils continuent à vanter les mérites des réductions d’impôts, comme si elles n’étaient jamais survenues. Selon leur mantra, nous sommes trop pauvres pour nourrir les pauvres, ou éduquer les jeunes, ou encore soigner les malades, alors que la pauvreté n’est pas monétaire, mais morale, émotionnelle. Rectifions la langue, une fois encore : même en ce moment, les États-Unis demeurent la nation la plus riche de tous les temps, quant à la Californie – qui possède les régions agricoles les plus fertiles de la planète, tandis que les technologies de pointe continuent à connaître un essor prodigieux dans la Silicon Valley - elle est également pleine aux as.

Quels que soient leurs problèmes, les États-Unis nagent toujours dans l’abondance, même si le partage de cette abondance n’a jamais été aussi inégal. La vérité consiste à dire que leur richesse est plus que suffisante pour nourrir chaque enfant correctement, pour que tous les malades bénéficient d’un traitement, pour que chacun puisse étudier, sans se retrouver encombré d’une dette épouvantable, enfin pour soutenir les arts, protéger l’environnement – bref, pour créer les conditions d’une société radieuse. L’obstacle, c’est la cupidité. Il est toujours temps pour nous de réaliser le type de changements que l’évolution du climat nous impose, de devenir une nation très différente, sans souffrir le martyre. Nous mènerions alors des vies quelque peu différentes – pour beaucoup d’entre nous, elles ne seraient pas plus pauvres, mais plus riches (de sens, de communauté, de pouvoir, d’espoir aussi). Dans la mesure où cette culture de la cupidité nous appauvrit tous, elle n’est, pour lui donner son nom véritable, que destruction.

Cette rectification des noms constitua l’une des réussites majeures du mouvement Occupy Wall Street. Ceux qui se rassemblèrent sous cette rubrique nommèrent la cupidité, l’inégalité, et l’injustice de notre système ; ils donnèrent de la visibilité à la brutalité de la dette, comme à l’assujettissement des débiteurs ; ils rendirent publics les crimes de Wall Street, ils nommèrent le groupe des plus riches d’entre nous les « 1% », ceux qui ont fait profession d’aspirer vers le haut la plus grande partie de la richesse que nous produisons (un autre genre d’impôt, très différent). La plus grande partie de l’éventail politique perçut instantanément la logique derrière ce nom. Ce fut un bon début. Mais il y a tellement plus à faire.

Nommer ne représente qu’une partie du travail à accomplir, mais il s’agit d’un premier pas crucial. Un médecin commence par poser un diagnostic, avant d’appliquer un traitement ; un activiste, ou un citoyen, doivent commencer par décrire l’injustice, avant d’agir. Ils mènent à bien cette tâche lorsqu’ils appellent les choses par leurs noms véritables. Le simple fait de dire ces noms, à voix haute, répand un faisceau lumineux dont l’intensité suffit à envoyer les destructeurs qu’il éclaire se réfugier dans leur cachette, comme des cafards. Après cela, reste toujours à nommer sa vision, sa stratégie, son rêve d’un ordre meilleur.

Les noms ont de l’importance, le langage a de l’importance, la vérité a de l’importance. En cette époque de médias dominants au service de l’obscurcissement et de la dérobade, de préférence à toute autre chose (le divertissement mis à part), les médias alternatifs, les médias sociaux, l’affichage public, les pancartes, les manifestations de rue, de même que les conversations entre amis, sont les refuges de la vérité, les lieux où nous pouvons commencer à rectifier les noms. Alors, entamons la conversation.

[1] http://en.wikipedia.org/wiki/Big_Bird: Use of Big Bird in the United States presidential election, 2012

[2] The Public Broadcasting Service

Les mots et les choses

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