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traduction française de textes anglais; éditoriaux; revue de presse


Macron survole les sondages, mais s'ensable à Lannion

Publié par Daniel Schneidermann - Guy Dagorn sur 19 Janvier 2017, 17:53pm

Catégories : #propagandes, #médiacratie, #macronisation des esprits

Macron survole les sondages, mais s'ensable à Lannion

http://www.arretsurimages.net/chroniques/2017-01-19/Macron-survole-les-sondages-mais-s-ensable-a-Lannion-id9472

chronique du 19/01/2017 par Daniel Schneidermann

Macron survole les sondages, mais s'ensable à Lannion

Et les médias macronisés continuent de macroniser. C'est une rubrique quotidienne de la macronisation galopante, qu'il faudrait tenir, pour déployer toute la palette des techniques de la prophétie auto-réalisatrice. Après le sondage bidon de l'IFOP qui le testait au second tour (alors qu'il ne passe pas le premier), après les articles qui, pareillement, l'envisagent en sauveur du second tour, voici un reportage de France 2, expliquant que le vainqueur de la primaire de la gau du PS de janvier pourrait bien se rallier à Macron. Attention, révélations fracassantes : "Et si c'était lui ? Voici l'histoire secrète".

Le reportage est signé de Maryse Burgot, accréditée de France 2 à l'Elysée. Il est truffé de confidences anonymes des "proches" ou des "visiteurs du soir" de Hollande. Un "visiteur du soir" a ainsi confié à Burgot : "Macron est en train de réussir son coup". Des proches de Hollande le rejoignent. Quant à Royal, selon "un proche de Macron", "elle n'est pas encore en marche, mais elle est en sympathie". Un dirigeant PS : "Macron et Ségolène, c'est comme si c'était fait". Enfin, un proche de Hollande (anonyme) : " un finaliste mal placé dans les sondages, on aura une pression de la base pour que notre finaliste se retire. Si notre candidat est à 10% dans les sondages, ce sera un bordel noir. Et que Valls le veuille ou non, on ira chez Macron".

Après tout, pourquoi pas ? Il est tout à fait possible que le vainqueur de la primaire du grand froid, pris dans la tenaille Macron-Mélenchon, soit dans l'incapacité de se maintenir jusqu'à l'élection. Mais toute l'enquête-fiction de Burgot, sans jamais le dire, se fonde sur la seule hypothèse d'une victoire de Valls à la fameuse primaire du glagla. Que Montebourg ou Hamon la remportent, et ils ont déjà annoncé qu'ils discuteraient avec Mélenchon, plutôt qu'avec Macron. Mais dans l'esprit de Burgot, une victoire de Hamon ou de Montebourg n'est tout simplement pas concevable, comme pour tous ses semblables, naguère, une victoire du Brexit, ou de Trump.

Ainsi la presse macronisée multiplie-t-elle les sondages, les enquêtes, les analyses, au conditionnel futur. Comparez simplement le volume de ces bavardages aux enquêtes consacrées au bilan du Macron ministre. Par exemple, tiens, sur les sables coquilliers de la baie de Lannion. Oui, les sables truffés de délicieux morceaux de coquillages, très recherchés pour fertiliser les terres agricoles bretonnes, mais dont l'extraction présente de graves inconvénients, aussi bien pour la faune sous-marine, que pour les côtes qui peuvent être menacées par l'érosion. Pêcheurs, plongeurs, riverains, se battent contre leur extraction. L'an dernier, une manif avait réuni 5000 personnes à Lannion, tandis que les militants remettaient le sable à la mer, devant les caméras de France 3.

En meeting à Quimper, le 16 janvier, Macron a nié avoir autorisé leur extraction. Sa déclaration a été pieusement recueillie par France 3 Bretagne, qui s'en tient là. Mais comme d'habitude, les Décodeurs du Monde ont sorti leurs bouteilles, et plongé dans les archives. Bingo : Macron, alors ministre, a bien signé en 2015 le décret autorisant l'exploitation pour quinze ans des fameux sables, l'assortissant (a posteriori) d'une guirlande de conditions que le concessionnaire s'est empressé de ne pas respecter, puisque le gentil ministre avait oublié de l'y obliger. Vous voulez voir Macron foncer droit dans un bon gros mensonge ? Vous voulez le surprendre, le Macron qui ne marche pas sur les eaux, qui n'est pas en lévitation, et dont le nez s'allonge ? Regardez-le, dans cette interview à France 3 Bretagne. Et regardez-le bien. Il y a peu de chances que les chaînes nationales vous le montrent ainsi.

Par Daniel Schneidermann le 19/01/2017

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/01/17/l-amnesie-d-emmanuel-macron-sur-les-sables-de-lannion_5064204_4355770.htmlL’« amnésie » d’Emmanuel Macron sur les sables de Lannion

A Quimper, le 16 janvier, le candidat à la présidentielle a nié avoir autorisé aucune extraction, disant n’avoir donné « que des permis de recherche », ce qui est faux.

LE MONDE | 17.01.2017 à 17h00 • Mis à jour le 17.01.2017 à 18h46 |

Par Gary Dagorn

En meeting à Quimper (Finistère) lundi 16 janvier, Emmanuel Macron a réfuté sur l’antenne de France 3 Bretagne avoir autorisé l’extraction de sable marin dans la baie de Lannion. C’est pourtant bel et bien le cas. Pour mieux comprendre ce dossier, un bref rappel des faits s’impose.

Quel est ce projet d’extraction de sable ?

Plusieurs entreprises minières s’intéressent depuis plusieurs années aux ressources sableuses de la baie de Lannion, dans les Côtes-d’Armor. Le sable est une ressource essentielle, présente dans de nombreux matériaux (ciment, verre), et est très recherché. Mais si les fonds marins de la baie de Lannion, riches en sable coquillier, sont convoités, ce n’est pas pour servir à la construction de bâtiments, mais pour fertiliser les terres agricoles bretonnes en diminuant leur acidité. Les agriculteurs avaient auparavant recours au maërl, un habitat marin biogénique constitué d’algues corallinacées riches en calcaire, désormais protégé.

Malheureusement, l’extraction de sable a de réelles conséquences écologiques, autant pour la faune marine des fonds, directement menacée par l’extraction, que pour les côtes, qui peuvent être déstabilisées et menacées par l’érosion et la montée du niveau de la mer.

En réaction aux velléités d’extraction de plusieurs entreprises minières, une partie des habitants de Lannion et d’autres communes proches s’est organisée pour lutter contre ce qu’elle estime être une menace environnementale directe pour l’écosystème de ces côtes, qui comptent deux parcs proches classés Natura 2000. La dune sous-marine concernée sert notamment d’habitat à de nombreuses espèces de poissons, et s’ils étaient menacés, cela fragiliserait la stabilité de l’écosystème et de la chaîne alimentaire.

Pas moins de six associations (dont Sauvegarde du Trégor), alliées aux élus locaux, ont contesté ce projet minier devant la justice administrative. Un premier recours, déposé devant le tribunal administratif de Rennes, a été rejeté le 5 septembre 2016. Les associations ont alors porté la contestation devant le Conseil d’Etat, le 16 novembre, appuyées par la ministre de l’environnement, Ségolène Royal. Le 5 décembre, celui-ci a rejeté la requête des associations qui demandaient l’annulation du permis d’exploitation.

L’extraction de sable a quant à elle débuté dans la nuit du 5 au 6 septembre 2016, deux jours après que le tribunal administratif eut rejeté la contestation des opposants au projet. L’entreprise extractrice, la Compagnie armoricaine de navigation (CAN), a en effet obtenu une concession de quinze ans sur quatre kilomètres carrés dans la baie de Lannion, accordée notamment par… Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie.

Emmanuel Macron a autorisé l’extraction du sable

[A propos de l’extraction du sable] : « Je ne l’ai pas autorisée, si j’avais suivi strictement la loi quand j’étais arrivé ministre, j’aurais donné l’autorisation immédiate. »

C’EST CE QU’IL A FAIT

En avril 2015, huit mois après son arrivée au ministère de l’économie, Emmanuel Macron a bel et bien signé le décret donnant une concession d’exploitation de quinze ans (jusqu’en 2030, donc) à la CAN.

Le décret, publié le 14 septembre 2015, précise que le volume de sable extrait devra être progressif : il ne pourra excéder 50 000 mètres cubes la première année, 100 000 m3 la deuxième, 130 000 m3 la troisième et 250 000 m3 à partir de la quatrième année. En outre, la surface d’exploitation annuelle ne pourra dépasser 1,5 kilomètre carré de la surface sur laquelle porte la concession.

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L’ancien ministre semble surpris par le fait que l’exploitation du sable, qui est selon lui une « erreur », a débuté. Il n’y a pourtant rien d’étonnant, puisque la concession qu’il a donnée les autorise de facto à extraire le sable des fonds marins (à condition tout de même que la préfecture prenne un arrêté - renouvelable tous les ans - en ce sens).

Emmanuel Macron a également mis en avant, sur France 3 Bretagne, le fait qu’il avait incité l’entreprise à envisager d’extraire des dunes plus distantes de la côte : « Là, c’est encore un peu trop près », leur avait-il dit. Un rapport du ministère de l’environnement daté d’octobre 2016 précise en effet que le ministère de l’économie a demandé à la CAN, par un courrier du 7 juillet 2015, de proposer une feuille de route pour explorer des dunes sous-marines plus distantes des côtes. La demande a été formulée cependant après que le même ministère eut accordé le premier permis.

La faisabilité d’une telle exploitation reste pour le moment « incertaine », selon les relevés faits sur place. L’existence de bancs sableux plus lointains a été mise en évidence à des profondeurs supérieures à 78 mètres, mais leur épaisseur et la nature du sable restent, à ce jour, inconnues.

De son côté, la CAN exclut pour le moment une telle hypothèse, arguant des fortes contraintes techniques et financières qui pèsent sur l’exploitation de ces bancs en profondeur.

Jean-Luc Mélenchon : Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire, «rassembler la gauche», quand on ajoute «de Macron à Mélenchon» ? Entre la pensée économique de Macron et la mienne, il y a une telle différence... Ce serait clownesque (...) Ne me demandez pas comment je vais parler aux électeurs d'Emmanuel Macron, il n'en a pas. Il y a simplement des gens qui s'intéressent à lui. Mais, quand un électeur de gauche va à l'un de ses meetings, il voit vite qu'il est chez le maître, celui qui donne des ordres aux flemmards de salariés. (« Marianne » ; 19/01/17)

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