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traduction française de textes anglais; éditoriaux; revue de presse


JLM2017

Publié par Jean_luc Mélenchon sur 11 Février 2016, 16:44pm

Catégories : #2017, #ceuxquipensentquec'estimpossiblesontpriésdenepasemmerderceuxquiessaient

Je voudrais être le dernier président de la 5e République et rentrer chez moi sitôt qu’une Assemblée constituante, élue pour changer de fond en comble la Constitution, ait aboli la monarchie présidentielle et restauré le pouvoir de l’initiative populaire. La 6e République commencera et ce sera une refondation de la France elle-même. Jean-Luc Mélenchon ; février 2016

Je voudrais être le dernier président de la 5e République et rentrer chez moi sitôt qu’une Assemblée constituante, élue pour changer de fond en comble la Constitution, ait aboli la monarchie présidentielle et restauré le pouvoir de l’initiative populaire. La 6e République commencera et ce sera une refondation de la France elle-même. Jean-Luc Mélenchon ; février 2016

http://www.jlm2017.fr

Sans être forcément d’accord sur tous les sujets, je crois que nous réagissons de la même façon : on ne peut vivre heureux au milieu d’une marée montante de misère ou de gêne. On ne peut vivre content quand des ouvriers qui défendent leur emploi sont condamnés à de la prison ferme. Surtout quand de puissants personnages restent impunis. On n’aime pas baisser les yeux quand on voit notre pays à la remorque des États-Unis d'Amérique entrer dans la logique de guerre tous azimuts. Ou quand nos dirigeants se font mener par le bout du nez par madame Merkel. Ou quand la France doit demander la permission d’adopter son budget à de cruels bureaucrates à Bruxelles. Nous ne supportons plus qu’on se paye de mots avec la République et ne voir partout que des monarques, petits et grands, usent du pouvoir comme d'un privilège personnel. Monarchie présidentielle, richesses produites par le travail de tous accaparées par une poignée d’oligarques, inégalités révoltantes, communautarisme haineux, l’argent maître de toutes décisions, non, ca ne peut plus durer. Nous nous rebellons. Notre vote peut profondément changer le cours des choses. Sinon quoi ?

L’action collective est notre force. Nous allons affronter d’acides campagnes de dénigrements et de falsifications, des flots d’argent, des pluies de sondages improbables, un concert médiatique permanent pour faire de cette élection une nouvelle fois une comédie personnalisée sans perspectives. Tout sera fait pour nous écarter du seul but qui nous motive : permettre à chacun de mener une vie vraiment humaine, libérée de l’angoisse du lendemain sur une planète respectée et dans un monde pacifique. Une utopie ? Non, c’est le seul projet raisonnable compte tenu de la situation actuelle et du futur qui nous est annoncé. On peut y parvenir. Cela dépend de nous. Nous ne nous laisserons pas voler l’élection la plus importante de notre pays. Nous ne voulons pas permettre qu’elle se résume à une nouvelle comédie de querelles superficielles entre gens qui, de toute façon, appliquent les mêmes politiques et adoptent les mêmes mœurs monarchiques dès qu’ils sont au pouvoir.

Les malheurs dans lesquels s’enfonce le pays ne tombent pas du ciel. Ces sont les résultats concrets de politique froidement décidées. Elles sont menées au service de la finance dans toute l’Europe, sous la main de fer de la Commission européenne, en application des traités européens imposés aux Français par supercherie ! Nicolas Sarkozy hier, avec ses gouvernements du centre, de la droite et des transfuges du PS, est coupable. François Hollande, ensuite, avec ses gouvernements PS/EELV qui ont mutilés la vie de millions de personnes, est coupable. Ils ont abaissé le pays et piétiné nos principes républicains les plus essentiels. Les deux comptent sur l’épouvantail Le Pen pour vous faire abandonner vos convictions à la porte du bureau de vote au premier comme au deuxième tour. Ces trois-là sont très forts quand tout le monde a peur. Peur de tout, et même d’eux quand le dégoût qu’ils inspirent pousse à l’abstention.

Agir dès maintenant c’est refuser de se laisser intimider.

L’année 2017 est propice à l’action. Nous votons en avril, nos voisins allemands en septembre. Tout peut changer. Surtout que les présidents de l’Europe ont décidé de rédiger un nouveau traité européen…

Mettons-nous donc au travail. Il s’agit d’enraciner solidement notre rébellion. Pour cela il faut accumuler des fonds et des participants à l’action. Jusqu’au mois de juin, il faut appliquer un premier programme de travail méthodique. N’attendez pas les consignes pour agir. Faites ce que vous trouverez de plus utile et convaincant pour élargir le nombre de ceux qui peuvent nous rejoindre et nous aider. Chacun peut aussi constituer un groupe d’appui dans sa rue, son entreprise ou sur internet. Bref là où on vit sa propre vie, là où l’on rencontre les autres.

Mais vous pouvez aussi trouver sur ce site des idées à mettre en œuvre, des projets auxquels participer. N’oubliez pas de proposer vos talents ou vos savoir-faire professionnels, tout cela est très précieux. Plus il y aura de signataires plus nous serons forts en ressources, imagination, dévouement. Plus nous auront de dons, mêmes petits, plus libres nous serons. Car s’ils ont les millions, nous sommes nous des millions !

Il nous faut à la fois convaincre et entraîner. L’idée essentielle c’est de s’adresser au plus grand nombre de ceux qui nous entourent. Notre but est de leur rendre le goût du futur.

Fidèlement,

Le projet

Voici les sept points du projet de programme que je dépose pour permettre qu’un travail collectif ait lieu. Deux personnalités universitaires, deux personnes engagées dans le combat progressiste à travers leur contribution intellectuelle ou leur action personnelle ont accepté de coordonner ce travail d’élaboration collective. Il s’agit de l’économiste Jacques Généreux, et de la juriste Charlotte Girard. Dans quelques jours, les contours de l’organisation concrète du travail collectif seront présentés sur ce site. Chaque point du programme fera l’objet d’une modération et ceux qui s'en chargeront seront présentés. D’ici un mois et demi, une première trame rédigée sera proposée avant une nouvelle vague de consultation. Le programme devrait pouvoir ainsi être finalisé avant l’automne.

Nous n'avons pas de baguette magique. Il ne s'agit pas d'atteindre un monde parfait en cinq ans. Réveillons juste nos sentiments humains ! Il ne suffit plus de s’indigner : on doit agir, punir les coupables du pillage, construire une société humaine. Si nous sortons notre pays de l’impasse, chacun d’entre nous en sortira aussi. Je suis un homme de gauche, mais je m’adresse à qui veut m’entendre. Je vais résumer les grands traits du projet à construire. Je le tire pour l’essentiel du programme L’Humain d’abord qui a recueilli, en 2012, 11% de suffrages. Évidemment ce programme doit être sérieusement remanié. Je propose que l’actualisation se fasse en public, en plusieurs étapes, sur ce site, avec vous. De très nombreux colloques et travaux liés au mouvement social ont mis à notre disposition d'amples contributions.

Une nouvelle France surgit de notre vieux pays. Elle est née de l’urbanisation accélérée et du métissage de sa population depuis un siècle, de l’élévation fantastique du niveau d’éducation de son peuple, de la mise en œuvre des conquêtes sociales issues du Conseil National de la Résistance, de mai 1968 et de mai 1981 ! Comme elle a été défigurée par le chômage, la pauvreté, le productivisme, et les communautarismes ! Pillée et démoralisée, elle est rendue incapable d’accomplir son formidable potentiel. La finance, la cupidité, les préjugés de classe, le sexisme et le racisme ordinaires pourrissent tout.

Quel genre de pays sommes-nous devenus au bout de trente ans de gâteries aux puissants jamais rassasiés ? Voyez ces salariés, ouvriers, employés, ces paysans, ces retraités qui peinent à boucler les fins de mois ! Ces centaines de milliers de familles qui travaillent dur et sont devenues pauvres, ces diplômés vivant dans la précarité, ces seniors jetés au chômage dans l’attente d’une retraite sans cesse repoussée ! Ces classes moyennes dans la gêne. Entendez les grondements de l’écœurement quand on stagne dans un chômage que certains ont ensuite le culot de reprocher à ceux qui le subissent ! Jusqu’aux artisans, commerçants, chefs de petites entreprises qui enragent quand la finance déserte la production réelle, vide les carnets de commande, uberise tout, et ponctionne un impôt privé à coup d’intérêts ou d’agios sur la moindre activité.

Quel genre de valeurs dominent notre pays quand ses enseignants et ses personnels de santé sont si mal payés et si maltraités au travail ? Où est la République quand l’État a honte de lui-même ? Quand ses serviteurs sont traités comme des parasites encombrants ? Quand ses services publics délabrés ne tiennent plus que par l’acharnement au travail de leurs salariés ? Quand la désorganisation territoriale met les populations en concurrence et éloigne toujours plus les citoyens du pouvoir ? Quand les riches se barricadent et que les pauvres sont relégués loin de tout ?

Quel est ce pays désormais livré aux abus de l’État d’urgence ? Où les Français pourront être déclarés suspects si l’un de leurs ancêtres était un étranger ? Quelle infamie quand des salariés vont en prison pour avoir défendu leur emploi ! La liste de ces hontes n’en finirait plus. Je crois qu’on peut en finir avec tout cela.

Pour moi c’est l’ère du peuple qui doit commencer ! La révolution citoyenne à laquelle je crois est le moyen pacifique et démocratique de tourner la page de la tyrannie de l’oligarchie financière et de la caste qui est à son service. Je voudrais être le dernier président de la 5e République et rentrer chez moi sitôt qu’une Assemblée constituante, élue pour changer de fond en comble la Constitution, ait aboli la monarchie présidentielle et restauré le pouvoir de l’initiative populaire. La 6e République commencera et ce sera une refondation de la France elle-même.

Je crois que le gavage des riches, l’appauvrissement des classes moyennes et les misères du peuple n’ont rien de fatal. Notre pays n’a jamais été aussi riche. Il est donc temps de se donner les moyens de partager tout autrement les richesses que le travail de chacun produit. Protégeons de la finance les salariés et la production en France. Révolutionnons les impôts pour que tout le monde paye et selon ses moyens réels.

Il le faut aussi pour disposer des moyens pour investir et changer notre manière de produire et de consommer. La transition énergétique est vitale ! Mais l’exigence écologique ne peut être réduite à des proclamations et des mesures qui épargnent le système. Il s’agit de répondre ici et maintenant à l’intérêt général humain face au dérèglement climatique. Ce grand changement doit modifier tous les compartiments de la vie de notre société par une planification écologique. Nous savons bien que tout cela nécessite des investissements massifs, une abondante main d’œuvre qualifiée bien payée. La finance n’en veut pas : elle préfère les grands rendements de la spéculation.

C’est pourquoi nous devons sortir des traités européens qui nous font obligation de mener des politiques d’austérité, sans action de l’État ni investissements publics. Tout cela au prétexte d’une dette dont tout le monde sait qu’elle ne peut être payée dans aucun pays. Notre indépendance d’action, la souveraineté de nos décisions ne doivent donc plus être abandonnées aux obsessions idéologiques de la Commission européenne ni à la superbe du gouvernement de grande coalition de la droite et du PS en Allemagne.

De même que nous ne devons plus être à la remorque des folies impériales des États-Unis et de leur outil de tutelle militaire : l’OTAN. Nous sommes une nation universaliste. Notre vocation est à l’ONU et dans la coopération privilégiée avec les pays émergents. Notre ancrage est en Méditerranée et avec les peuples francophones du continent africain, là où va se façonner l’avenir. Au lieu de quoi nous sommes en guerre avec des buts imprécis et des alliances malsaines ! Mais qui s’occupe de préparer la paix plutôt que la guerre généralisée ?

N’est-il pas plutôt temps de vouloir atteindre de nouveaux progrès humains dans notre société pour proposer aussi d’autres modèles de vie ? Ne vaudrait-il pas mieux enfin s’alarmer pour notre système de santé quand l’espérance de vie recule ? Ne devrait-on pas se soucier de notre aptitude aux pratiques et aux créations culturelles émancipatrices plutôt que de laisser l’uniformisation, l’agression publicitaire et le consumérisme tout appauvrir ? Ne faut-il pas donner la priorité à l’éducation de notre nombreuse jeunesse et à cultiver de l’appétit pour les sciences quand on entre dans un monde de si haut niveau technique ? Et sait-on épanouir notre corps dans la pratique du sport quand celui-ci est à son tour annexé par l’obsession de l’argent ? Je crois qu’un projet de vie humaine est mieux réussi par les bonheurs simples qui viennent de ce genre de préoccupations plutôt que par la grotesque course à l’accumulation.

Je connais aussi la force d’entrainement des grands enthousiasmes collectifs. La France est le deuxième territoire maritime du monde, et la deuxième nation pour la cotisation individuelle à la conquête de l’espace ! Voilà qui fait de nous un peuple qui a une responsabilité particulière, enthousiasmante, aux frontières de l’humanité ! Ici se trouvent deux immenses gisements d’emplois, d’inventions et de progrès écologiques pour la France et la civilisation humaine.

Cincinnatus abandonne sa charrue pour dicter les lois de Rome, Juan Antonio Ribera, 1856.

Cincinnatus abandonne sa charrue pour dicter les lois de Rome, Juan Antonio Ribera, 1856.

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