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traduction française de textes anglais; éditoriaux; revue de presse


Où en est le projet de site internet de Daniel Mermet ?

Publié par Mathieu Dejean sur 2 Novembre 2014, 11:47am

Catégories : #inrocks, #mermet, #labas, #resistances

http://www.lesinrocks.com/2014/11/01/actualite/en-projet-site-internet-daniel-mermet-11533305/#.VFVTK2NZHzA.twitter

Où en est le projet de site internet de Daniel Mermet ?

Vendredi soir Daniel Mermet avait donné rendez-vous à ses anciens auditeurs à la Maison des Métallos. Entouré de quelques amis intellectuels et journalistes, il a fait le point sur son projet de nouveau site pour “Là-bas si j’y suis”.

“Je vous rassure tout de suite, concernant l’incendie à la Maison de la Radio: j’ai un alibi !”, plaisante Daniel Mermet devant la salle comble de la Maison des Métallos, le 31 octobre à Paris. L’ex-présentateur de l’émission emblématique Là-bas si j’y suis, à laquelle la direction de France Inter a mis un terme le 26 juin dernier, avait invité une dizaine d’amis proches de l’émission à échanger lors d’un débat public autour de son projet de site internet. Le co-animateur d’Acrimed Mathias Reymond, l’économiste Frédéric Lordon, le chroniqueur à Arrêt sur images Didier Porte, le romancier et cinéaste Gérard Mordillat, le réalisateur Gilles Balbastre, et la journaliste à Bastamag Agnès Rousseaux, entre autres, ont fait part de leur soutien à son projet, et ont échangé sur leurs expériences respectives sur le net.

“Il nous faut 20 000 abonnés : nous en sommes au tiers”

C’était l’occasion pour Daniel Mermet de faire un bilan d’étape, un mois et demi après le lancement de la campagne d’abonnements à la Fête de l’Humanité, qui devrait permettre à terme de financer le site de Là-bas si j’y suis. “Les résultats sont très satisfaisants, relate-t-il. Il nous faut 20 000 abonnés, et nous en sommes au tiers”. Le journaliste devrait pouvoir compter sur les fidèles de son émission, puisque 170 000 personnes avaient signé une pétition pour son maintien l’été dernier. Le lancement du site, prévu le 21 janvier 2015, date d’anniversaire de la mort de Louis XVI et de Lénine, n’est donc pas compromis.

Un nouveau média de la PPP, “la presse pas pareil” selon l’expression d’Agnès Rousseaux, trouvera donc sa place parmi ses semblables. Daniel Mermet a d’ailleurs réaffirmé son souhait de travailler en bonne intelligence avec Bastamag, Arrêt sur images et d’autres sites amis. L’originalité qu’il défendra sur son site résidera dans le ton caractéristique de Là-bas si j’y suis, et dans un “sept-neuf neuf”. Partant du constat que sur cette tranche horaire de grande écoute toutes les radios produisent le même discours sur les mêmes sujets – cette “lancinante petite musique des chroniques économiques” que dénonçait déjà Serge Halimi en 1999 – , son équipe et lui souhaitent fabriquer une émission alternative, qui devrait être mise en ligne quotidiennement.

“Faire un sept-neuf neuf, c’est lutter pour qu’il se passe quelque chose”

On retiendra de cette rencontre le discours de Frédéric Lordon, qui gratifia la salle d’une éloquente diatribe contre la présidence de François Hollande, emprunte de colère suite à la mort de Rémi Fraisse et au “retard de compassion” du président de la République et de Manuel Valls :

“Pourquoi est-il presque pire d’avoir Hollande que Sarkozy ? Parce qu’en plus d’avoir l’’aussi pire’ de ses politiques, nous avons le ‘supplément du pire’ de l’anesthésie. Et que pour cinq ans, sauf miracle, rien ne peut se passer. Alors faire un ‘sept-neuf neuf’, c’est œuvrer pour le miracle. C’est lutter pour qu’il se passe quelque chose”.

Le sept-neuf neuf sera donc pour lui rien de moins que le bras armé de la lutte sociale, comme il l’a affirmé dans un appel vibrant :

“Je crois que le sept-neuf neuf ne serait pas conforme à sa belle ambition s’il ne poursuivait pas méthodiquement le projet de mettre ses auditeurs très en colère. [...] Le sept-neuf neuf doit être l’un de ces rares endroits d’où l’on puisse enfin entendre ce que nous sommes de plus en plus nombreux à penser, à savoir que ce pouvoir nous dégoûte. Et qui, ajoutant au présent qui nous enrage la figure d’un avenir à espérer, nous décide à joindre le geste à la parole”.

D’autres intervenants ont également critiqué l’uniformité du discours médiatique, rallié selon eux à la “doxa néolibérale”. Gilles Balbastre, réalisateur des Nouveaux chiens de garde, a présenté sa “plateforme d’autoproduction d’information, Nada-info”, une “association pour le maintien d’une information progressiste” qui produit notamment de courts montages vidéos de critique des médias baptisés “épandages médiatiques”.

“Rêve de lancer un média indépendant”

C’est donc dans ce vivier de médias dissidents présents sur internet que Daniel Mermet compte trouver sa place. Aussi a-t-il réaffirmé que le net ne constituait pas pour lui “un refuge” mais “une nouvelle aventure” : “En 1973 Libération avait fait une ‘une’ fameuse qui disait ‘prenez votre journal en main’. Nous comptons nous aussi réaliser ce rêve de lancer un média indépendant, qui ne dépende que de vous”.

Une fois les interventions terminées, Daniel Mermet a rejoint Jean-Luc Mélenchon au bar de la Maison des Métallos, venu incognito avec Eric Coquerel, le co-président du Parti de gauche. La soirée s’est finie sur un air révolutionnaire interprété par les Grandes Bouches, celui du Temps des cerises, comme il se doit.

par Mathieu Dejean

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