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traduction française de textes anglais; éditoriaux; revue de presse


Un «front républicain» municipal ? Sans moi!

Publié par Pierre Marcelle sur 30 Mars 2014, 11:21am

Catégories : #pierre et sebastien, #revue de presse

http://www.liberation.fr/debats/2014/03/27/un-front-republicain-municipal-sans-moi_990809

Un «front républicain» municipal ? Sans moi!

27 MARS 2014 À 17:06

NO SMOKING

Et vint dimanche dernier, avec le premier tour de scrutin, ce que le Monde allait dans ses pages du lendemain qualifier de «21 avril municipal» - en référence à celui de 2002, qui vit Le Pen père se qualifier pour le second tour de la présidentielle. La formule se mariait heureusement avec toutes les déclinaisons relatives au «coup de tonnerre» à quoi «personne ne s’attendait» (Ah bon ?), aussi bien qu’avec la débandade sondagière constatée. Et de même suggérait-elle, au moins par réflexe ou par assimilation, un remake de la «mobilisation citoyenne» qui avait fait réélire Chirac avec plus de 82% (!) des voix - on verrait bientôt ce qu’il en ferait.

C’est la même, rebaptisée «front républicain», à quoi nous convie dimanche le Parti socialiste, afin de panser les plaies causées par toutes ces balles que, depuis deux années qu’il gouverne, il s’est tiré dans les pieds. Tant et tant de promesses bafouées, de traité européen non renégocié, de services publics laminés, de servile ralliement à la finance - cette grande amie ! - dans tant de milliards au Medef si gracieusement distribués, qu’entre son libéralisme et celui de la droite, on ne vit bientôt plus nulle différence.

D’où l’éclatante illisibilité dudit Front républicain, de la vertu duquel même Libération, qui évoquait pourtant lundi encore une confuse «peur sur les villes», semblait mercredi soudain douter.Car peur de quoi, au juste ? D’un FN dont l’unique victoire de premier tour se claironna à Hénin-Beaumont ? Ce serait oublier un peu vite qu’à Hénin-Beaumont au moins, Solférino, durant si longtemps si complaisant à l’endroit de ses élus locaux corrompus, et notamment durant la dernière campagne présidentielle, préféra, sinon Hitler au Front populaire, le risque du Front national à celui du Front de gauche.

En refusant aux citoyens d’origine extracommunautaire le droit de vote, même local, l’exécutif socialiste n’apportait-il pas partout sa contribution à la fable de la «normalisation» lepéniste, pourtant toujours raciste et toujours antirépublicain ?

Ce reniement premier, fondateur du quinquennat hollandais, dit assez le peu de foi du PS dans la démocratie et la laïcité qu’il n’invoque jamais que pour faire pièce à «la montée du communautarisme»…D’avoir renoncé, sinon à interdire, du moins à combattre le FN avec les voix de la démocratie réelle, celles de la gauche de gauche et celles des travailleurs, fussent-ils étrangers à l’Union européenne, le PS n’aurait-il aujourd’hui d’autre stratégie que celle de le rediaboliser (1) ? Parce qu’Ayrault prônant mardi «plus de justice sociale», c’est, outre guère crédible, un peu tard ; et parce qu’un changement de gouvernement sans changement de politique relèverait au mieux d’un leurre, au pire d’une fuite en avant panique.

C’est pourquoi le «Front républicain» municipal, tout de même qu’en 2002 le présidentiel, ce sera sans moi.

Il est vrai que je n’aurai pas grand mérite, dans mon XXe arrondissement de Paris où, la liste lepéniste éliminée - et la centriste aussi -, ne subsistera à droite que celle de l’UMP (17,5% au premier tour) conduite par Atanase Perifan, au nom plus chantant que son programme. A gauche, la fusion des listes PS (37,30%) et EELV (10,90%) assurera sans surprise à la maire socialiste sortante Frédérique Calandra une réélection confortable que je m’apprêtais à regarder d’assez loin, choqué que j’étais par les mauvaises manières faites, tant par Pierre Laurent que par Anne Hidalgo, au Parti de gauche. Je vais pourtant me déplacer et pour voter vraiment, puisque se maintiendra la liste du PG (10,35%) conduite par son (sa?) leader Danielle Simonnet.

A Anne Hidalgo, mon bulletin de premier tour suggérait par défaut que ses services municipaux raccommodent enfin les trottoirs pourris de Belleville, dont une antique cicatrice me valut la semaine dernière une entorse sévère. Celui de dimanche signifiera opportunément que je n’aime pas non plus qu’on me torde le bras. Le chantage hautain dont fit montre Hidalgo à l’endroit de sa gauche, et que conte sur son blog Alexis Corbière, ne passe pas. Une photo l’illustre exemplairement, qui montre le local à balais, avec vaisselle sale dans le lavabo et rouleaux de PQ entassés, du siège de la fédé de Paris du PS. Là, les séides de la candidate PS reçurent, entre 2 h 30 et 4 heures du matin de lundi, les représentants du Parti de gauche pour une parodie de négociations, exigeant notamment un blanc-seing pour les votes des six budgets de la mandature !

Il est de ces étincelles de provocation qui font déborder les vases les mieux remplis de bonne volonté. Au seul vu de ce méprisant placard, la mienne, qui s’en souviendra, renonça.

(1) Ainsi que fait si maladroitement Olivier Py, patron du festival d’Avignon, menaçant de le délocaliser si d’aventure, «la bête immonde» que disait Brecht devait dimanche prendre la mairie…

Pierre MARCELLE

Un «front républicain» municipal ? Sans moi!

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