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traduction française de textes anglais; éditoriaux; revue de presse


Prends ça dans ta gueule, Jean-Luc Mélenchon !

Publié par Pierre Marcelle sur 15 Décembre 2013, 12:07pm

Catégories : #pierre et sebastien, #revue de presse

http://www.liberation.fr/politiques/2013/12/12/prends-ca-dans-ta-gueule-jean-luc-melenchon_966077

Prends ça dans ta gueule, Jean-Luc Mélenchon !

12 DÉCEMBRE 2013 À 18:06

Je vous aurais cette semaine volontiers parlé d’autre chose, moi… Par exemple, de la béatification de Nelson Mandela par, entre autres, Nicolas Sarkozy, figure toujours tutélaire d’une droite qu’on n’a jamais vu s’insurger contre l’apartheid triomphant et où le Noir se décline aujourd’hui encore en simiesques caricatures (1) ; ou de «nos paras», comme on dit sur les ondes de jour en jour moins trompettantes, en République centrafricaine ; ou de l’infanticide de «la petite Adélaïde» noyée sur une plage de Berck sans susciter la compassion de quelque haute et belle voix, telle celle, par exemple, de Marguerite Duras imaginant la fin tragique (et «forcément sublime») du «petit Grégory» noyé dans une Vologne…

J’aurais pu, mais je vous connais, lecteurs perspicaces et facétieux naunautes. L’affaire de la semaine - et bien au-delà - est ailleurs, et pas question d’y déroger sans encourir vos foudres légitimes. Elle réside dans le vicieux coup de Jarnac que l’immonde Jean-Luc Mélenchon porta l’autre dimanche, lors de la manifestation anti-TVA du Front de gauche, à la corporation journalistique, à la république et à la démocratie. Pour ses électeurs, ils s’en remettront, qui lui pardonnent tout. Mais face à cet ignoble trafic d’images concocté par le rugueux leader (variantes : duce, führer, caudillo…) du Parti de gauche, la sournoise complicité qu’elle induit avec la chaîne TF1 (maison mère Bouygues, si emblématique du grand capital suceur de sang prolétarien), cette imposture sans précédent (enfin si, peut-être, mais bon…), impossible ici de rester taiseux. Sauf bien sûr à cracher sur mon honneur professionnel et m’exposer au juste courroux de mes collègues et de mes lecteurs… Les uns et les autres ayant déjà préventivement annoncé un bide, je les entendais déjà sourire, majoritairement synchrones sur le mode : «Tiens, on ne l’entend pas trop la ramener, Marcelle, sur les facéties dominicales de son gourou ! Eh bien, Marcelle, on se refroidit ?» (Rires.) Alors, forcément…

Pour «l’affaire» elle-même, courageusement attrapée de son balcon par un confrère qui la balança illico presto sur le Net, elle a bien failli m’échapper tout à fait. Les manifs de 13 h 30 le dimanche, je les rejoins le plus souvent après avoir pris le temps de déjeuner. Ainsi de celle-ci dont je rattrapais, passé 14 heures et à hauteur de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, les rangs précédant le carré de tête. Entre bagnoles de flics et de médias divers et service d’ordre de tête de manif, en ce no man’s land où rôdent et se retrouvent et s’identifient pigistes timides, camarades fidèles et RG placides, on suppute au doigt mouillé, perché sur un Abribus ou un feu de signalisation, le nombre de bataillons marchant sous banderoles et ballons jusqu’à la place d’Italie. A cette heure, il s’estimait à quelque… (2) marcheurs, et certainement bien plus, au bas du boulevard de l’Hôpital d’où, pile dans l’axe du bassin de l’Arsenal, scintillait le génie doré de la colonne de Juillet érigée place de la Bastille. Considérant l’état des troupes et le moral du pays écrasé par la crise, j’en attendais moins.

«L’affaire», je ne l’ai découverte que le surlendemain, sur le plateau du petit De Caunes et de Canal +, où Mélenchon était convoqué pour rendre gorge. Ayant déjà vu ça cent fois lors de cent manifs, je n’ai pas été scandalisé par la banale «mise en scène» en plan serré de l’interview de Méluche. Et, pour tout dire, je n’ai même pas vu de complot de Canal + dans la diffusion d’images d’une autre manif, bien plus clairsemée, présentées en place de celle du Front de gauche. Juste une incompétence, autrement coutumière et dommageable, dont le CSA disputera doctement pour établir si elle relève d’une «erreur d’indexation» d’images ou d’un acte manqué - ce qui nous promet une belle marrade, mais guère plus.

Je serais par contre volontiers preneur, sur le canal payant, d’un rectificatif (on peut rêver…). A condition toutefois qu’il n’attente pas au ravissement orgasmique de Jean-Michel Aphatie, mon Fouquier-Tinville préféré de tous les «extrêmes» - surtout de gauche. Comme chaque fois qu’on lui jette Mélenchon en pâtée, sa prestation, si elle eut le mérite télégénique d’occulter tout le reste (3), ne m’a pas dissuadé de persister, lors des urnes prochaines, à voter pour le candidat du Parti de gauche.

Essaye encore, petit scarabée…

(1) Ou encore, toujours à propos des multiples hommages rendus à «Madiba», de cette façon dont dimanche le 20 heures de F2 prétendit nous faire prendre des vessies pour des lanternes, et des plans du nanar de Clint Eastwood, «Invictus» (que la chaîne publique diffusait le soir même), pour des images d’archives…

(2) Non, je ne vous dirai pas. Pour me faire traiter de propagandiste stipendié, sinon de petit Goebbels, merci bien !

(3) En fait de programme, il serait peut-être temps de se demander qui, d’un point de vue de gauche, a tort ou a raison du Parti Socialiste ou du Front de Gauche.

Pierre MARCELLE

Prends ça dans ta gueule, Jean-Luc Mélenchon !

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